Bâtir une direction politique, pour imposer une alternative au service des travailleurs et des démunis

Par Salhi Chawki

samedi 26 mars 2011 par Antoine

Partout dans le pays, les travailleurs, les démunis, les exclus ont relevé la tête ! Partout, les travailleurs luttent pour un revenu décent. Les pompiers, les cheminots ont déjà obtenu des augmentations de salaire, les pétroliers du Sud continuent leur lutte. Partout, les précarisés exigent un emploi décent ! Les jeunes dénoncent les emplois sous payés du filet social. Les contractuels de l’ENAD, de la BDL, de la SNTF ont imposé leur titularisation. Les enseignants contractuels luttent encore. Partout, les chômeurs réclament un poste de travail. A Bordj Menaiel, à Annaba, à Hassi Messaoud, à Laghouat, ils assiègent les APC, les bureaux de l’ANEM ils occupent les rues. Partout, les démunis demandent un logement digne, une route goudronnée, de l’eau, du gaz... Partout, les étudiants se battent pour en finir avec l’arbitraire administratif et avec la clochardisation sociale pour un enseignement de qualité.

Nos luttes marquent des points et obtiennent des concessions concrètes. Le pouvoir a reculé partout, mais son programme d’urgence va multiplier et prolonger les emplois indécents du filet social. Pire, en multipliant les projets ANSEJ, en encourageant l’informel, il va développer les emplois précaires et le travail non déclaré. Et, pendant ce temps, on offre le Parc Dounya et le complexe Sonacome de Rouiba à des groupes de parasites capitalistes alors que nos réserves de 155 milliards de dollars dorment dans les banques étrangères.

Nos luttes paniquent le pouvoir, mais elles ne sont pas assez fortes pour imposer un vrai programme de développement qui crée de vrais emplois durables et respectables. Nos luttes sont dispersées. Les syndicats représentatifs sont absents. Les étudiants construisent leur syndicat. Les travailleurs ont besoin de s’organiser.

Nos luttes occupent l’actualité et ne se laissent pas distraire par les diversions et par les manœuvres. Nos luttes dessinent les contours du changement politique que veulent les classes populaires mais nos luttes n’ont pas encore construit leur représentation politique. Pour avancer, les travailleurs, les masses populaires ont besoin de bâtir leur direction politique, pour imposer une politique au service des travailleurs et des démunis.

Non à l’agression impérialiste en Libye ! Non au dictateur Kaddafi !

Le PST dénonce l’agression militaire impérialiste en Libye portant la mort sous le fallacieux prétexte humanitaire. Notre parti a dénoncé avec énergie l’acharnement sanglant du despote libyen. Mais la mobilisation des puissances impérialistes, pour contrôler directement le pétrole libyen doit être dénoncée, car elle constitue une menace pour tous les peuples de la région. Les amis de Ben Ali et de Moubarak, les complices de Khaddafi, les protecteurs des monarchies rétrogrades du golfe sont mal placés pour se poser en tuteurs de la démocratie. A Bahrein, en Egypte, au Yemen, en Tunisie, en Arabie Saoudite, en Irak, partout, ils agissent, non pour aider les luttes démocratiques, mais pour imposer leur domination directe, pour recoloniser la région et le monde ! La complicité des néo-colonies majoritaires dans la Ligue Arabe et l’Union Africaine, la veulerie d’Amr Moussa soucieux d’obtenir le soutien US à sa candidature présidentielle donnent une couverture politique à une agression dangereuse pour notre pays et pour les pays du tiers monde. La timidité du pouvoir autoritaire algérien et des autres régimes opposés à l’intervention facilite aussi l’action de l’OTAN.C’est au peuple libyen qu’il appartient de décider de son avenir ! Solidarité des peuples de la région !20 mars 2011. SG PST

Devant l’érosion du pouvoir d’achat, imposons l’échelle mobile des salaires

Les émeutiers de janvier clamaient qu’ils s’insurgeaient pour eux-mêmes, pour leurs familles et pour tous les algériens parce que vivre décemment est devenu impossible. Chômage, précarité, salaires indécents, contrats de courte durée ou pas de contrats du tout, cherté de la vie, minent la société et poussent au désespoir. Réponse du gouvernement ? Les importateurs sont exonérés de taxes de douanes pour huit mois !

Partout, dans le pays, les salarié-e-s réclament la revalorisation de leurs salaires, les étudiant-e-s, celle de leurs bourses. La cherté de la vie a provoqué un cri unanime : « augmentations ! ». Celles qui ont été obtenues après des années de luttes, de grèves, de répression étaient déjà dérisoires pour les petites catégories, c’est à dire la majorité. Celles de 2008 ont déjà été mangées par la hausse des prix. Rattrapent-elles la hausse incessante des prix ? Non.

Les gouvernements successifs ont libéré les prix, aidé à construire des monopoles privés qui se livrent au chantage et bloqué nos salaires. Notre travail doit leur coûter le moins possible pour permettre aux milliardaires et investisseurs étrangers d’augmenter leurs profits de plus en plus colossaux.

L’inflation annoncée le 24 mars 2011 est de 3,9% ! La banque d’Algérie imprime un nouveau billet de 2000 DA ! Nos paniers seront de plus en plus vides, voilà ce que ça veut dire. Nous devons leur répondre que lorsque les prix augmentent, nos salaires doivent augmenter d’autant, ça s’appelle échelle mobile des salaires.

Ils nous diront que c’est impossible, que c’est utopique ! Faux ! Nous ne sommes pas aveugles et nous leur répondrons : « arrêtez de faire des cadeaux aux importateurs, aux investisseurs du Golfe ou d’Europe, tous dispensés d’impôt ! Leurs fortunes augmentent grâce aux salaires de misère que vous nous imposez. L’argent du pétrole, vous en disposez, il est à nous. Inscrivons dans toutes nos négociations de salaires et nos conventions collectives, l’indexation des salaires sur les prix ! Alors nos augmentations seront automatiques, calculées chaque année sur l’indice des prix.

Ils nous diront : « qui êtes-vous pour contredire les gestionnaires et les experts ? » Et nous leur répondrons tous ensemble : « Nous sommes celles et ceux qui travaillent, celles et ceux qui produisent. Nous sommes la majorité ».

Par Samira Khalas

Echo des luttes

SNTF : Première victoire…les cheminots maintiennent la pression Après la grève des deux jours, qui a paralysé le rail, la direction de la SNTF a plié devant la détermination des travailleurs. Le jeu trouble du syndicat n’a pas empêché les grévistes d’imposer leurs revendications. Un protocole d’accord a été signé portant le reclassement des catégories, augmentation de l’EP, de la prime de panier, de déplacement et de traction. La direction s’est engagée à satisfaire d’autres revendications, sans quoi les cheminots menacent de revenir à la charge. De leur coté, les travailleurs des entrepôts SNTF de Annaba et Constantine maintiennent la grève et attendent des réponses concrètes.

Les pompiers imposent leurs revendications Il leur a fallu plusieurs rassemblements pour imposer la promulgation du statut particulier des travailleurs de la protection civile. En effet, après le sit-in tenu devant l’APN, les pouvoirs publics ont anticipé la publication de leur statut particulier qui inclut une augmentation de salaires conséquente, plusieurs indemnités et primes pour cette corporation. Les augmentations seront conséquentes avec effet rétroactif à partir de janvier 2008. Bravo, les pompiers.

Les pétroliers en lutte Les tentatives du ministre de l’énergie et du patron de Sonatrach, dépêchés sur les chantiers du sud pour « calmer » les pétroliers n’ont pas abouti. Les protestations se poursuivent et les travailleurs sont plus que déterminés à arracher leurs droits. Aux promesses des responsables, les travailleurs répliquent « les promesses verbales, on s’en fout ! ». ils maintiennent la pression par l’organisation de sit-in devant les directions régionales pour exiger la revalorisation de l’Indemnité de zone et des conditions de vie (IZTV), ainsi qu’une augmentation de 100% contre les 10% proposés par le syndicat.

Les enseignants contractuels déterminés Depuis plus d’une semaine, les enseignants contractuels occupent jour et nuit, la rue devant la présidence de la République, pour exiger leur permanisation. Venus de l’ensemble des wilayas, les enseignants contractuels ont décidé de ne pas baisser les bras jusqu’à la satisfaction pleine et entière de leur revendication. La lutte des contractuels de l’éducation s’inscrit dans la lutte globale contre la précarité de l’emploi dont la généralisation est prévue dans le cadre du nouveau code du travail. Solidarité avec les enseignants pour en finir avec la précarité et les contrats jetables.

Les chômeurs ne décolèrent pas Des centaines de chômeurs manifestent quotidiennement à travers le territoire national. Ils expriment leur ras-le-bol par des émeutes, des rassemblements et des immolations… Une coordination nationale pour la défense des droits des chômeurs est née dernièrement, pour donner un cadre de lutte à cette tranche marginalisée. La coordination rejette les « mesures » du gouvernement et demande des emplois décents et une allocation chômage à hauteur de 50% du SNMG pour tout demandeur d’emploi. Les petits commerçants prennent le chemin de la lutte Scandalisés par l’octroi d’avantages fiscaux aux grosses fortunes et par la prolifération du marché informel entretenu sciemment, plusieurs petits commerçants ont décidé de rompre le silence et de protester contre leur marginalisation.

Les étudiants promettent de revenir à la charge Après le mouvement de protestation, qui a paralysé les universités et les écoles pendant plus d’un mois, les étudiants ont pris un temps de répit qui coïncide avec les vacances du printemps. Ils ont élu une coordination nationale des universités et une coordination des écoles. Ils ont adopté des plates formes de revendications. Les étudiants demandent la démocratisation de l’université, la révision du système d’enseignement et l’amélioration des conditions socio-pédagogiques des étudiants, des enseignants et des travailleurs.


Documents joints

21 mai 2011
Document : PDF
1 Mo

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