Formation révolution russe et révolution permanente

mercredi 29 août 2007 par Antoine

Chronologie de la Révolution russe

Mai-Juin 1896 : La grève générale du textile à Saint Pétersbourg obtient une loi raccourcissant la journée de travail.

9 janvier 1905 : Le massacre de manifestants ouvriers pacifiques venus remettre une pétition au Tsar suscite une vague massive de grèves qui déclenche la Révolution de 1905, au cours de laquelle les premiers soviets font leur apparition.

Novembre 1905 : Grève générale des ouvriers de Saint Pétersbourg pour l’introduction immédiate de la journée de 8h. La bourgeoisie, effrayée, fait front commun avec le tsarisme contre la classe ouvrière. A Moscou, en décembre, une insurrection ouvrière est écrasée. Une longue période de réaction s’ouvre dans les mois qui suivent.

Avril 1912 : Le massacre d’ouvriers en grève sur les champs aurifères de la Lena en Sibérie, coïncidant avec la fin de la dépression, suscite une vague de grèves massives. Début d’une remontée ouvrière jusqu’au déclenchement de la guerre. En 1914, Saint Pétersbourg est le théâtre de batailles rangées, avec barricades, entre la police et les ouvriers.

Août 1914 : Début de la guerre, montée du patriotisme dans la société (beaucoup moins parmi les travailleurs de l’industrie). La mobilisation et la répression sévère mettent fin au mouvement révolutionnaire.

Août 1915-Février 1917 : Croissance continue du mouvement de grève de plus en plus politisé, stimulé par la détérioration des conditions économiques due à une guerre jugée comme impérialiste, ainsi que par une sévère répression politique et dans les usines.

Février 1917 : Démarrée par les ouvrières du textile lors de la journée internationale des femmes, la grève se généralise à Petrograd et la contestation gagne la garnison. Le régime tsariste s’effondre en quelques jours et la révolution gagne tout le pays. Dualité de pouvoir :

- gouvernement provisoire constitué de politiciens libéraux représentant les classes possédantes ralliées à la révolution à contrecoeur. Il promet l’élection d’une assemblée constituante.

- soviet de Petrograd, assemblée élue de délégués des ouvriers et des soldats, qui seul a la confiance des soldats. Le soviet propose immédiatement une paix démocratique, la distribution des terres à la paysannerie, la journée de huit heures et une république démocratique. Mais il accorde dans un premier temps sa confiance au gouvernement.

Journées d’avril : Publication d’une note gouvernementale secrète adressée aux Alliés (Note Milioukov) promettant que la Russie respecterait tous les traités et continuerait la guerre jusqu’à la victoire. Cette note déclenche des manifestations à Petrograd et les premiers affrontements armés de la révolution. Pour soutenir le gouvernement, les dirigeants socialistes modérés du soviet forment un gouvernement de coalition avec les libéraux. Les ouvriers les appuient au début mais se rendent rapidement compte que les socialistes modérés sont prisonniers des libéraux eux-mêmes hostiles au programme du soviet, et ils commencent à demander le transfert direct du pouvoir aux soviets. En même temps, l’effondrement économique s’aggrave en face de l’inactivité et du sabotage du gouvernement et des patrons, donnant naissance au mouvement pour le contrôle ouvrier. Au début juin, les bolcheviks sont majoritaires dans la section ouvrière du soviet de Petrograd. Journées de juillet : Les 3 et 4 juillet, des ouvriers et des soldats manifestent pour inciter les dirigeants modérés du comité central exécutif des soviets à prendre le pouvoir. Le gouvernement Kerenski, appuyé par le comité central exécutif des soviets, réprime le mouvement ouvrier et les bolcheviks. La réaction s’installe pour plusieurs semaines.

27-31 août : Le général Kornilov, qui avait été nommé général en chef par Kerenski, marche sur Petrograd et tente d’écraser les soviets et autres organisations ouvrières. Mais ses troupes s’évanouissent en cours de route, au fur et à mesure que les ouvriers de Petrograd se mobilisent pour défendre la révolution.

1er septembre : De nouvelles élections aux soviets donnent la majorité aux bolcheviks chez les représentants des ouvriers et des soldats de presque tous les centres industriels. Les bolcheviks sont le seul parti revendiquant le pouvoir pour les soviets. Les paysans s’emparent de la terre, sans attendre une réforme agraire constamment retardée par le gouvernement de coalition, et les soldats commencent à déserter en masse le front.

25 octobre : Prise du pouvoir par le soviet de Petrograd. Le lendemain, le Congrès panrusse des soviets des députés ouvriers et paysans, approuvant l’insurrection, prend le pouvoir et adopte des décrets sur la terre, la paix et le contrôle ouvrier. Les négociations entre les bolcheviks et les socialistes modérés pour la formation d’un gouvernement socialiste de coalition échouent, les modérés rejetant le principe du pouvoir soviétique, c’est-à-dire un gouvernement sans représentants de la « bourgeoisie progressiste ». Seuls les socialistes révolutionnaires de gauche, un parti essentiellement paysan proche des bolcheviks, acceptent de se joindre à une coalition.

12-14 novembre : Après trois ajournements par le gouvernement provisoire, le gouvernement des soviets organise des élections pour l’assemblée constituante. Les bolcheviks obtiennent 23,6% des voix de l’ensemble et une majorité écrasante parmi les ouvriers. Les socialistes révolutionnaires populistes sont le parti le plus fort avec 40,9% des suffrages (les mencheviks en obtiennent 3%, les libéraux et partis de droite 8,4% et les partis nationaux et les musulmans 20,1%). Mais une partie importante des voix vont en réalité aux socialistes révolutionnaires de gauche, qui n’avaient pas été en mesure de présenter leurs propres candidats, la scission officielle avec les socialistes révolutionnaires de droite n’ayant lieu qu’en septembre.

5 janvier 1918 : Dissolution de l’assemblée constituante lorsqu’il devient évident que a majorité modérée issue des élections rejetterait le pouvoir des soviets et opterait à nouveau pour un gouvernement de coalition avec les libéraux.

Mai 1918 : Le nombre d’ouvriers industriels à Petrograd est tombé à 143000 (406000 début 1917 et 340000 début 1918) alors que la situation économique s’aggrave. En septembre 1919, seulement 120000 ouvriers d’usine sont encore employés à Petrograd. La faim devient chronique dans les villes.

Mai 1918 : Une insurrection de troupes tchèques en transit à travers la Russie marque le début de l’intervention étrangère. La guerre civile continue jusqu’à la fin de 1920 et rend impossible toute tentative sérieuse de mettre fin à la crise économique.

Intervention d’Alain Krivine

Il existe plusieurs façons de traiter la révolution russe. Certains considèrent que c’est archaïque, d’autres pensent que les révolutions à venir se calqueront sur la révolution russe. L’intérêt de la révolution russe en tous cas est que certains éléments demeurent d’actualité :

- revendications transitoires

- révolution permanente

- dualité de pouvoir

- rôle du parti révolutionnaire

La révolution russe est la première révolution socialiste qui a triomphé. La révolution russe est un des éléments qui a abouti à la rupture entre sociaux-démocrates et communistes (Cf. Congrès de Tours avec la question de la participation à la guerre impérialiste de 1914 et la question de la défense de la révolution russe). La révolution russe a donné naissance à la III ème Internationale. Cette révolution socialiste victorieuse va sombrer dans la contre-révolution bureaucratique stalinienne (dégénérescence) :

- suppression de toute démocratie ouvrière

- liquidation de l’internationalisme prolétarien

- discrédit de la révolution et du communisme

Rappel des grandes étapes de la révolution russe : La Russie était un pays arriéré dominé par la paysannerie. La classe ouvrière est peu nombreuse mais très concentrée et très politisée. 150000000 d’habitants pour 4000000 d’ouvriers (Cf. 30000 ouvriers de l’usine Poutilov à Petrograd). Régime tsariste, bourgeoisie démocrate. Crise totale : économique, politique et sociale. Un tout petit incident en février 1917 va mettre le feu aux poudres. A l’occasion de la journée des femmes, une grève des ouvrières du textile va faire l’objet d’une importante répression. Se déclenche alors une insurrection généralisée qui débouche sur l’installation d’un gouvernement bourgeois transitoire doublé du régime des soviets (Dualité de pouvoir).

Avril 1917 : Gouvernement démocratique bourgeois et soviets. Lénine revient d’exil (Thèses d’avril) et préconise de ne pas s’arrêter à la démocratie bourgeoise : Tout pouvoir aux soviets. Il faut convaincre de ce mot d’ordre y compris dans les soviets eux-mêmes.

Août 1917 : La bourgeoisie apeurée tente un coup d’état militaire par le biais du général Kornilov.

Octobre 1917 : Prise du pouvoir par les soviets.

Mai 1918-1920 : Guerre civile mais internationale, plus de 15 pays d’Europe envoient des troupes. L’armée rouge est alors créée pour résister face aux armées occidentales. La guerre civile fait entre 20 et 23 millions de morts. Ce sont là les pires conditions pour la construction du socialisme. Total isolement international. Échec des tentatives d’extension de la révolution.

Acquis d’actualité : Il y a toujours une étincelle qui met le feu à la plaine (Mao). Quelles caractéristiques d’une situation révolutionnaire, quelles conditions d’une explosion révolutionnaire ? Ceux d’en bas ne tolèrent plus le statu quo social.

Ceux d’en haut n’arrivent plus à contrôler la situation.

Revendications mises en avant dans une situation révolutionnaire : Caractère élémentaire des mots d’ordre mais détermination à aller jusqu’au bout. Les mots d’ordre en soi ne sont jamais révolutionnaires (exemple : du pain, la terre et la paix, contrôle des travailleurs sur la production). Les revendications transitoires mettent en cause le capitalisme lui-même (Acquis du trotskisme). « Dans une période de mobilisation de masse, les gens deviennent quotidiennement méconnaissables » (Léon Trotski).

Révolution permanente : Il s’agit d’une théorie décisive qui s’oppose à toutes les théories staliniennes. Une révolution ne peut s’arrêter en cours de route derrière des leaders bourgeois (Cf. Chili d’Allende). La révolution permanente s’oppose à la révolution par étapes (Cf. Révolution espagnole).

Venezuela : État bourgeois et capitaliste/Pouvoir populaire.

Cuba : Castro, Mouvement du 26 juillet, Che.

Dualité de pouvoir : Un processus révolutionnaire ne peut fonctionner que si l’on sait concrètement à qui donner le pouvoir. Exemple de Mai 1968 en France : le mot d’ordre est celui de « Tout pouvoir aux travailleurs » mais il n’y a ni auto organisation ni dualité de pouvoir. Assemblée nationale de délégués élus et révocables par le peuple en lutte CONTRE Assemblée nationale bourgeoise. L’insurrection peut alors intervenir. Début de double pouvoir au Venezuela mais pas de coordination du pouvoir populaire. Rôle du parti : Il n’y a jamais eu de parti révolutionnaire ultra massif au moment des révolutions. Quelques dizaines de milliers de révolutionnaires à peine en Russie en 1917. Le parti n’impose pas il propose. La révolution ne doit pas être un coup d’État. Le parti doit avoir une capacité de synthèse des expériences de nos aînés (Enrichissement du programme et du processus). Le rôle du parti est absolument décisif. Le parti révolutionnaire doit préexister à la situation révolutionnaire. Nécessité d’avoir crédibilité et légitimité au moment de l’explosion (Implantation). Agitation = Mots d’ordre basiques mais pour beaucoup de monde. Propagande = Mots d’ordre révolutionnaire mais pour peu de monde. Révolution = Jour où les thèmes de propagande deviennent des thèmes d’agitation.

Conclusion : Ne pas copier, actualiser le processus révolutionnaire.


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