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	<title>International Revolutionary Youth Camp---- </title>
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		<title>International Revolutionary Youth Camp</title>
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		<title>Le degr&#233; de la radicalisation du mouvement de jeunes en Alg&#233;rie Un signe avant-coureur du futur des luttes sociales et de classe</title>
		<link>https://internationalcamp.org/Le-degre-de-la-radicalisation-du-mouvement-de-jeunes-en-Algerie-Un-signe-avant</link>
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		<dc:date>2011-01-31T15:07:31Z</dc:date>
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		 <dc:creator>Omar Kitani</dc:creator>
		



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&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, toutes les wilayas, r&#233;gions et villes de l'Alg&#233;rie, se sont soulev&#233;es en m&#234;me temps et pour les m&#234;mes &#034;revendications&#034; Les &#233;meutes ont commenc&#233; durant la derni&#232;re semaine de l'ann&#233;e 2010, o&#249; des quartiers populaires &#224; Alger ont connu de forts mouvements de contestation. Les habitants de plusieurs quartiers ont envahi la rue pour contester la mani&#232;re dont certains logements ont &#233;t&#233; distribu&#233;s en posant de nouveau la probl&#233;matique de la crise du logement. En effet, ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://internationalcamp.org/Algerie" rel="directory"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour la premi&#232;re fois, toutes les wilayas, r&#233;gions et villes de l'Alg&#233;rie, se sont soulev&#233;es en m&#234;me temps et pour les m&#234;mes &#034;revendications&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes ont commenc&#233; durant la derni&#232;re semaine de l'ann&#233;e 2010, o&#249; des quartiers populaires &#224; Alger ont connu de forts mouvements de contestation. Les habitants de plusieurs quartiers ont envahi la rue pour contester la mani&#232;re dont certains logements ont &#233;t&#233; distribu&#233;s en posant de nouveau la probl&#233;matique de la crise du logement. En effet, ces m&#234;mes quartiers, appel&#233;s &#034;quartiers-bidonvilles&#034;, ont d&#233;j&#224; marqu&#233; l'actualit&#233; politique en Alg&#233;rie des mois durant en 2009. Apr&#232;s une lutte acharn&#233;e, le gouvernement alg&#233;rien avait recul&#233; devant la d&#233;termination des habitants en d&#233;cidant de les reloger dans des cit&#233;s nouvellement construites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi 4 janvier, des &#233;meutes ont &#233;clat&#233; dans certaines localit&#233;s &#224; l'ouest d'Alger. Les manifestants contestent cette fois-ci l'augmentation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des produits alimentaires de base deux jours auparavant. Le lendemain, c'est au tour de Bab El-Oued, un quartier au c&#339;ur d'Alger connu pour &#234;tre le bastion de la r&#233;volte d'Octobre 1988, d'entrer en sc&#232;ne. En deux jours, c'est toute l'Alg&#233;rie qui s'embrase. Un soul&#232;vement populaire jamais connu auparavant, &#233;tant donn&#233; que pour la premi&#232;re fois, toutes les wilayas, r&#233;gions et villes de l'Alg&#233;rie se sont soulev&#233;es en m&#234;me temps et pour les m&#234;mes &#034;revendications&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les principaux acteurs sont les jeunes &#226;g&#233;s entre 15 ans et 30 ans, gagnant la sympathie de presque toute la population
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela est tout &#224; fait normal, sachant que le taux de ch&#244;mage chez les jeunes d&#233;passe les 25% et qu'ils repr&#233;sentent plus de 65% de la population. (La propagande annonce un pourcentage beaucoup moins &#233;lev&#233; : 10%). Le syst&#232;me &#233;ducatif, devenu un laboratoire d'exp&#233;rimentation des diff&#233;rentes th&#233;ories lib&#233;rales de l'&#233;ducation - afin de trouver le moyen d'ins&#233;rer les futurs dipl&#244;m&#233;s dans le march&#233; du travail &#8211; a, a contrario, &#034;form&#233;&#034; des millions de ch&#244;meurs sans aucun horizon social. Un &#233;chec cuisant : une &#233;tude a d&#233;montr&#233; qu'un &#233;l&#232;ve sur quatre arrive en classe terminale. Des milliers de jeunes qui quittent l'&#233;cole tr&#232;s t&#244;t n'ont le droit &#224; aucun encadrement : m&#234;me les associations &#224; caract&#232;re culturel ont &#233;t&#233; interdites ces derni&#232;res ann&#233;es ; la restriction de la libert&#233; d'organisation et d'association a atteint son paroxysme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'augmentation des prix des produits alimentaires de base ; la goutte d'eau qui a fait d&#233;border le vase&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation des prix des produits alimentaires de base, combin&#233;e &#224; la d&#233;valuation du dinar (20%) induisant une d&#233;gradation du pouvoir d'achat, a &#233;t&#233; la goutte d'eau qui a fait d&#233;border le vase. Mais ces causes directes n'expliquent pas &#224; elles seules ce soul&#232;vement populaire. L'augmentation de 50% des salaires de la police fin d&#233;cembre 2010 avec effet r&#233;troactif &#224; partir de 2008 a &#233;t&#233; une claque pour les jeunes ; le taux galopant du ch&#244;mage, la crise du logement ; la restriction des droits d&#233;mocratiques et syndicaux comme le droit &#224; la gr&#232;ve, le droit aux marches, la corruption &#224; grande &#233;chelle sont, entre autres, les causes conjoncturelles de cette r&#233;volte. Toutes ces causes sont, en r&#233;alit&#233;, les cons&#233;quences directes de l'&#233;chec des politiques n&#233;o lib&#233;rales appliqu&#233;es depuis le d&#233;but de 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, apr&#232;s l'&#233;chec du capitalisme d'Etat alg&#233;rien de l'apr&#232;s-Ind&#233;pendance, caract&#233;ris&#233; par une p&#233;riode d'accumulation primitive du capital ayant dur&#233; plus de 20 ans, l'Etat a opt&#233; pour l'&#233;conomie de march&#233; comme solution au probl&#232;me de la dette des ann&#233;es 1980 et pour, bien &#233;videmment, permettre &#224; la bourgeoisie alg&#233;rienne de s'ins&#233;rer dans l'&#233;conomie capitaliste mondiale. Le d&#233;sengagement financier de l'Etat des secteurs dits &#034;non productifs&#034;, le bradage et la privatisation de l'industrie alg&#233;rienne ainsi que la lev&#233;e des barri&#232;res douani&#232;res ont mis &#224; plat tous les secteurs &#233;conomiques, sans exception. R&#233;sultat des courses de ladite &#034; ouverture &#233;conomique &#034; : l'Alg&#233;rie est transform&#233;e en un grand march&#233; de consommation, caract&#233;ris&#233; par un secteur informel consid&#233;rable. A part les hydrocarbures et quelques secteurs insignifiants, elle est aujourd'hui enti&#232;rement d&#233;pendante du march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le rouleau compresseur n&#233;olib&#233;ral a tout d&#233;vast&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le rouleau compresseur n&#233;olib&#233;ral a tout d&#233;vast&#233;, et n'a &#233;pargn&#233; aucun secteur : des milliers d'usines sont ferm&#233;es et offertes aux multinationales pour faire d'elles le d&#233;p&#244;t de leurs marchandises produites dans des pays asiatiques, mettant ainsi des millions de travailleurs-euses au ch&#244;mage. Ce rouleau compresseur est, en plus, conjugu&#233; &#224; une politique de r&#233;pression de tous les mouvements sociaux. Manipulation politicienne, assassinats de manifestants, emprisonnement de militants qui s'opposent &#224; cette politique d&#233;vastatrice, &#233;taient en g&#233;n&#233;ral l'unique r&#233;ponse des classes dominantes. L'&#233;tat d'urgence est mis en place depuis le d&#233;but des politiques d'aust&#233;rit&#233;, en interdisant toute marche et manifestation politiques&#8230; sauf les manifestations folkloriques pour acclamer les sorties officielles des dirigeants de l'Etat. Seuls les partis et les organisations qui soutiennent l'orientation n&#233;olib&#233;rale ont le droit de s'exprimer d ans les m&#233;dias publics. ?Tous les acquis du mouvement de l'ind&#233;pendance et du mouvement ouvrier sont remis en cause. La gratuit&#233; de l'enseignement et de la sant&#233; est aujourd'hui dans le collimateur n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;C'est une crise structurelle du mode de production capitaliste mondial&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la crise alimentaire en Alg&#233;rie est le prolongement de la crise alimentaire qui a secou&#233; plusieurs pays du Sud en 2007 : Egypte, Tunisie, Maroc, Mexique, Ha&#239;ti, Pakistan, Mozambique, Bangladesh, Bolivie, Niger&#8230; Des millions de personnes sont descendues dans la rue pour exprimer leur col&#232;re et leur faim. C'est une crise structurelle du mode de production capitaliste mondial, provoqu&#233;e par la mainmise des grandes firmes agroalimentaires sur tous les maillons de la chaine de production alimentaire (production, transformation, distribution). Du coup, ces firmes internationales font la pluie et le beau temps sur le march&#233; mondial en contr&#244;lant les prix de la nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, l'Alg&#233;rie n'a pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;e par un mouvement de contestation, malgr&#233; la subvention de l'Etat de certains produits alimentaires de base. Sauf que ce mouvement n'a pas pris la forme de celui des pays cit&#233;s pr&#233;c&#233;demment, c'est-&#224;-dire les &#034;&#233;meutes de la faim&#034;. En Alg&#233;rie, on a assist&#233; &#224; une mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res et syndicales qui mettaient en avant la question salariale et le pouvoir d'achat. Des gr&#232;ves illimit&#233;es et cycliques ont &#233;t&#233; observ&#233;es dans tous les secteurs autour de l'augmentation des salaires. Cette mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res &#233;tait la cons&#233;quence directe de la flamb&#233;e des prix des produits alimentaires sur le march&#233; mondial et national. Le gouvernement a r&#233;pondu, comme &#224; l'accoutum&#233;e, par la r&#233;pression : plusieurs militants syndicalistes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s ou licenci&#233;s, avant de reculer devant la d&#233;termination des travailleurs. Ces derniers ont arrach&#233; des augmentations insignifiantes, car elles sont vite rattrap&#233;es par d'autres flamb&#233;es des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes, d&#233;pourvus de structures traditionnelles de lutte, vu que la majorit&#233; d'entre eux sont des ch&#244;meurs, ont r&#233;agi &#224; la crise alimentaire de 2007 et &#224; la mis&#232;re sociale autrement par l'&#233;migration clandestine, appel&#233;e ph&#233;nom&#232;ne d'el-haraga. A partir de cette ann&#233;e (2007), des dizaines de milliers de jeunes ont pris le large dans des embarcations de fortune en direction de l'Europe. Certains ont r&#233;ussi &#224; traverser la M&#233;diterran&#233;e, d'autres sont arr&#234;t&#233;s par les gardes-c&#244;tes et jet&#233;s en prison, alors que des centaines ont p&#233;ri durant leur travers&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En 2010, les autorit&#233;s ont recens&#233; plus de 11 500 &#233;meutes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes en Alg&#233;rie sont monnaie courante : c'est la seule voie d'expression des jeunes dans un pays o&#249; les lib&#233;raux au pouvoir ont ferm&#233; tous les canaux de communication et d'expression. A partir de l'ann&#233;e 2000, les protestations populaires et les gr&#232;ves ouvri&#232;res ont repris de plus belle. Plusieurs pensent que cela s'explique par le retour au &#034;calme&#034;, apr&#232;s une d&#233;cennie de terrorisme islamiste. Cette explication simpliste est souvent avanc&#233;e par les classes dirigeantes afin de cacher les v&#233;ritables raisons de ces mouvements qui caract&#233;risent le paysage politique alg&#233;rien. ?Au d&#233;but du XXIe si&#232;cle (2000), les politiques d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;es par le FMI &#224; partir du milieu des ann&#233;es 1990 et l'orientation n&#233;olib&#233;rale de l'Etat &#034;ont port&#233; leurs fruits&#034; : des millions de travailleurs-euses au ch&#244;mage, des centaines de milliers de jeunes arrivent sur un march&#233; du travail lib&#233;ralis&#233; incapable de les prendre en charge, d&#233;gradation et destruction des services publics, paup&#233;risation de pans entiers de la soci&#233;t&#233;&#8230;. Ce sont les raisons objectives expliquant la mont&#233;e des luttes sociales durant la derni&#232;re d&#233;cennie. En 2001, le mouvement de la Kabylie a donn&#233; le la &#224; un nouveau cycle de protestations populaires qui est encore loin de s'arr&#234;ter, tant que les politiques et les choix &#233;conomiques antipopulaires qui l'ont engendr&#233; sont toujours de mise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ampleur et la radicalisation de ce mouvement ont pris le gouvernement &#224; contre-pied&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le premier jour des &#233;meutes, le gouvernement, tout comme les partis lib&#233;raux, a observ&#233; un silence total sur ces &#233;v&#233;nements. Le deuxi&#232;me jour, seuls les partis de gauche ont comment&#233; et soutenu les jeunes r&#233;volt&#233;s. Le troisi&#232;me jour, quand le mouvement a pris une dimension nationale, le gouvernement et la droite sont sortis de leur silence. Ils ont tous donn&#233; leurs explications quant &#224; cette insurrection, mais aucun d'entre eux n'a reconnu que cette crise est le r&#233;sultat des politiques lib&#233;rales qu'ils ont eux-m&#234;mes revendiqu&#233;es, accompagn&#233;es et soutenues, et l'Etat n'a pas voulu battre sa coulpe : il a accus&#233; les commer&#231;ants et les grossistes. En un mot, la sp&#233;culation qui est &#224; leurs yeux la cause de la flamb&#233;e des prix. D'autres partis lib&#233;raux &#8211; qui ne sont pas au gouvernement &#8211; ont point&#233; du doigt, &#224; travers la presse mainstream, le soi-disant &#034;patriotisme &#233;conomique&#034;, entrepris par l'Etat fin 2009. Ce &#034;patriotisme &#233;conomique&#034; n'est que de la poudre aux yeux, vu qu'aucune mesure r&#233;elle n'a &#233;t&#233; prise dans ce sens depuis. M&#234;me si la droite a &#034;soutenu&#034; les jeunes &#233;meutiers au d&#233;but, pour essayer de surfer politiquement sur cette vague de contestation (&#233;lections l&#233;gislatives 2012) pour les uns, et pousser le gouvernement &#224; poursuivre ses r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales pour les autres, ils ont vite compris qu'ils sont en train de jouer avec le feu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les cibles des insurg&#233;s t&#233;moignent du caract&#232;re de classe de cette r&#233;volte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Or, m&#234;me si les jeunes ne sont pas organis&#233;s et ne portent pas des revendications &#034;claires&#034; formul&#233;es politiquement, les cibles des insurg&#233;s t&#233;moignent du caract&#232;re de classe que rev&#234;t cette r&#233;volte. Apr&#232;s les commissariats de police qui ont &#233;t&#233; les premi&#232;res cibles des jeunes r&#233;volt&#233;s, ces derniers se sont attaqu&#233;s aux firmes internationales install&#233;es en Alg&#233;rie : les concessionnaires automobiles comme Renault, Peugeot, Dacia, Wolkswagen, Toyota, Suzuki.., les compagnies internationales de t&#233;l&#233;phonie mobile comme Djezzy, Nedjma, Samsung&#8230; les banques internationales comme PNB Paribas, Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale&#8230; ont &#233;t&#233; cibl&#233;s et saccag&#233;s par les r&#233;volt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces multinationales ont r&#233;agi en usant de leur pouvoir m&#233;diatique afin d'&#233;teindre et de discr&#233;diter la r&#233;volte qui commence &#224; remettre en cause leurs int&#233;r&#234;ts en Alg&#233;rie. La presse dominante alg&#233;rienne, b&#233;quille des multinationales, a d'embl&#233;e chang&#233; son discours vis-&#224;-vis de cette r&#233;volte. La Une de l'un des grands journaux francophones, qui titrait &#034;Pourrissement&#034;, avec un quart de page accord&#233;e au constructeur automobile Dacia pour une annonce publicitaire, nous renseigne sur le pouvoir du capital &#233;tranger en Alg&#233;rie. C'est le cas de tous les autres journaux soumis &#224; ce capital qu i les alimente en pages de publicit&#233; quotidiennement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements europ&#233;ens ont aussi &#233;t&#233; command&#233;s par les d&#233;tenteurs du capital mondial afin de venir &#224; leur rescousse en Alg&#233;rie. La France a m&#234;me sugg&#233;r&#233; l'envoi de renforts policiers pour aider les forces de l'ordre alg&#233;riennes et tunisiennes, d&#233;pass&#233;es par l'ampleur de la r&#233;volte, &#224; s&#233;curiser les biens et les sites de ces firmes. Mich&#232;le Alliot-Marie &#233;tait cat&#233;gorique dans sa d&#233;claration &#224; ne pas exposer les int&#233;r&#234;ts de ses seigneurs &#224; la furia des r&#233;volt&#233;s dans ces deux pays. ?Le gouvernement, quant &#224; lui, a choisi de r&#233;pondre en premier lieu par la r&#233;pression : 1 500 jeunes arr&#234;t&#233;s, des centaines de bless&#233;s et 5 tu&#233;s par balles. Il a construit 35 prisons rien qu'en 2010. Il a ensuite pris des mesures &#233;conomiques dans un Conseil interminist&#233;riel extraordinaire en faveur des importateurs des mati&#232;res de base entrant dans la fabrication des produits alimentaires. Ces mesures se traduisent par la suspension et l'exon&#233;ration des droits de douanes, de taxes d'imp&#244;ts repr&#233;sentant un total de 41%, jusqu'au 31 ao&#251;t 2011. La suspension pour ces m&#234;mes produits de la TVA (17%) ainsi que l'exon&#233;ration de l'imp&#244;t sur le b&#233;n&#233;fice des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les diff&#233;rentes mesures &#233;conomiques prises &#224; la h&#226;te sont un cadeau suppl&#233;mentaire aux patrons des grandes soci&#233;t&#233;s priv&#233;es.
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Par ces mesures, le gouvernement a satisfait toutes les revendications du patronat et de l'industrie de l'agroalimentaire formul&#233;es lors d'une conf&#233;rence de presse par le P-DG et propri&#233;taire de l'un des grands groupes, Cevital, au troisi&#232;me jour de la r&#233;volte. Les patrons, tr&#232;s satisfaits de ces mesures, les ont qualifi&#233;es de &#034;salutaires&#034;, &#034;utiles&#034;, &#034;d'avenir&#034;, &#034;importantes&#034;&#8230; Et comment ! 300 millions d'euros offerts sur un plateau d'argent aux patrons. On doit se rendre &#224; l'&#233;vidence : le r&#244;le de l'&#201;tat bourgeois est de servir cette classe sociale qui le d&#233;tient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures &#233;conomiques ne pourront pas constituer une solution &#224; la crise, cette derni&#232;re ne se limitant pas aux seuls produits alimentaires (sucre, huile) comme le gouvernement se borne &#224; le d&#233;clarer. C'est une crise structurelle et multidimensionnelle de 20 ans de lib&#233;ralisme. Les lib&#233;raux ont d&#233;truit les &#233;tablissements publics &#233;conomiques, l'agriculture et avec eux la seule chance pour l'Alg&#233;rie de faire face &#224; cette crise alimentaire mondiale, et ce, en mettant le commerce ext&#233;rieur et int&#233;rieur entre les mains du monopole priv&#233;. Ces mesures sont un nouveau jalon vers une future crise qui va s'ajouter &#224; celles qui gangr&#232;nent d&#233;j&#224; le capitalisme alg&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Alg&#233;rie et Tunisie, m&#234;me combat !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si on fait l'impasse des d&#233;tails, les insurrections populaires en Alg&#233;rie et en Tunisie ont plus de similitudes que de diff&#233;rences. Les deux sont caus&#233;es par une crise socio-&#233;conomique qui touche les classes sociales les plus d&#233;favoris&#233; es. La r&#233;action est presque la m&#234;me : une explosion sociale sous forme d'&#233;meutes, anim&#233;es essentiellement par des jeunes ch&#244;meurs. Les revendications aussi : travail, logement, libert&#233;&#8230; et le d&#233;part de Ben Ali du pouvoir pour les Tinisiens. ?Les raisons de la crise sont aussi identiques : le n&#233;olib&#233;ralisme et les politiques d'aust&#233;rit&#233; dict&#233;es par les institutions financi&#232;res internationales (FMI, OMC&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements alg&#233;rien et tunisien excellent tous deux dans la mise en &#339;uvre de ces politiques. Si le FMI d&#233;cernait des Prix Nobel &#224; des pr&#233;sidents appliquant &#224; la lettre leurs politiques d'aust&#233;rit&#233;, il aurait du mal &#224; d&#233;partager Bouteflika et Ben Ali. Probablement, ce dernier aurait plus de chance de d&#233;crocher ce &#034;troph&#233;e&#034;, vu qu'il est &#224; la solde de cette institution depuis maintenant un quart de si&#232;cle. Sa gestion dictatoriale de la Tunisie devrait aussi plaire aux instigateurs du n&#233;olib&#233;ralisme qui n'ont cess&#233; de le pr&#233;senter aux autres pr&#233;sidents des pays du Sud comme l'exemple &#224; suivre. Tout comme ils l'ont fait d'ailleurs avec le sanguinaire Augusto Pinochet durant les ann&#233;es 1970 au Chili. Apr&#232;s avoir assassin&#233; plus de 50 citoyens tunisiens, qui revendiquaient juste leur droit &#224; la vie, voil&#224; qu'il passe au stade supr&#234;me : celui d'&#233;craser militairement la r&#233;volte des jeunes ! Les peuples alg&#233;rien et tunisien ne conna&#238;tront de prosp&#233;rit&#233; qu'en se d&#233;barrassant de ces acolytes du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ration des jeunes arr&#234;t&#233;s comme cheval de bataille du mouvement&lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs organisations syndicales, politiques, associations estudiantines, ligues des droits de l'Homme, intellectuels de gauche, se sont distingu&#233;s par leurs appels &#224; se solidariser avec les jeunes insurg&#233;s, &#224; l'image de notre parti (PST), du Comit&#233; pour la solidarit&#233; avec des luttes populaires, en appelant les travailleurs et les jeunes &#224; s'organiser pour contrecarrer les attaques lib&#233;rales men&#233;es contre le peuple, notamment par le biais de plusieurs rassemblements de solidarit&#233; dans les universit&#233;s, comme ceux qui sont anim&#233;s par l'association estudiantine Nedjma au niveau de la facult&#233; d'Alger et les marches des &#233;tudiants de la facult&#233; de B&#233;ja&#239;a. Des ponts se cr&#233;ent pour associer la lutte des quartiers &#224; celles des travailleurs et des &#233;tudiants. Mais le cheval de bataille de ce mouvement, qui commence &#224; prendre forme, doit &#234;tre, avant tout, la lib&#233;ration des jeunes &#233;crou&#233;s dans les prisons, vu que la r&#233;volte s'est arr&#234;t&#233;e au bout du sixi&#232;me jour. Victimes d'une double r&#233;pression, ces opprim&#233;s doivent faire l'objet d'une mobilisation pour les lib&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un projet de rupture avec les politiques n&#233;olib&#233;rales qui ont d&#233;montr&#233; leurs limites et leur incapacit&#233; &#224; satisfaire les besoins les plus &#233;l&#233;mentaires du peuple doit aussi faire l'objet de r&#233;flexion de ce mouvement. Un autre syst&#232;me &#233;conomique et social pouvant prendre en charge les aspirations et les besoins quotidiens des travailleurs, des femmes, des jeunes et d e toutes les couches sociales d&#233;favoris&#233;es est la seule solution pour d&#233;passer r&#233;ellement cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Omar Kitani, militant du Parti socialiste des travailleurs d'Alg&#233;rie et sympathisant du CADTM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;source : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Le-degre-de-la-radicalisation-du&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Le-degre-de-la-radicalisation-du&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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